BOIS D'ARCY
novembre 2002
« Cette lettre pour vous informer de la situation des 4 prisonniers politiques basques incarcérés à Bois d’Arcy. Le 19 octobre dernier, à l’issue des parloirs avec nos familles, trois d’entre nous sommes restés avant la fouille pour attendre un quatrième qui était encore au parloir dans l’idée de protester pour obtenir des explications de la part de la direction par rapport à une décision qui touche nos familles. Jusqu’à présent, nos visites ne se déroulaient jamais lors du dernier tour du parloir, car l’heure tardive empêchait nos familles de prendre le train le soir même, ce qui les obligeait à passer une nuit de plus à Paris. Quand ça s’est produit début octobre, on nous a répondu que c’était une erreur, la semaine suivante c’était exactement pareil, la troisième semaine nous nous sommes retrouvés devant le fait accompli : soit les familles abandonnaient le parloir à la moitié, soit elles rataient le train qui les ramène à 2000 km de là. Avant que le quatrième copa in arrive, des responsables de la prison, le directeur en tête, sont venus dans une attitude agressive, fermant d’emblée la porte à toute possibilité de dialogue. Des matons nous ont plaqués au sol violemment, nous ont menottés dans le dos, nous donnant quelques coups au passage et nous ont traînés jusqu’au mitard. Ils nous ont jetés sur le « lit » et nous ont déshabillés de force, toujours menottés au dos. Immédiatement nous avons entamé une grève de la faim. Nous avons écopé de 30 jours de mitard pour cet incident et c’est de là que je vous écris. Après quinze jours de grève, nous avons demandé au médecin d’avoir des repas renforcés, chose courante en cas de manque de vitamines ou besoin de récupérer. Elle nous a répondu que ce n’était pas en son pouvoir, seulement dans des cas qui le justifient, et a précisé à l’un d’entre nous « qu’elle n’avait pas de temps à perdre ». Malgré les circonstances, nous nous sentons quand même un peu privilégiés, si l’on peut dire. Car quand on voit la déchéance et la souffr ance qui nous entoure dans ces lieux sordides, avoir le moral et l’envie de continuer de se battre, ça reste quand même un privilège. Premier jour de mitard, incendie de cellule, le détenu part à l’hôpital, troisième jour un autre détenu se coupe les veines, départ pour l’hôpital. Les crises, les angoisses, la souffrance avec la voix en plus. C'est donc pour cela que votre travail est nécessaire parce que la souffrance est là et il ne faut pas qu’elle soit étouffée, il faut qu’on l’entende pour qu’on puisse en finir avec elle. »
CLAIRVAUX
pétition signée par 80 prisonniers
Horaires des parloirs de la maison centrale de Clairvaux : deux simples mesures et le problème est réglé.
Les nouvelles mesures concernant les horaires de parloir de Clairvaux prises le 11 octobre 2002 par le directeur R. Danet, ne règle pas le problème des familles qui, pour des raisons essentiellement liées à l’éloignement et aux longues distances qu’elles sont amenées à parcourir arriveraient en retard. En effet, le directeur a précisé sur sa note de service que les retards ne seront pas admis au parloir. Cette mesure revient à interdire toute possibilité de parloir à la famille qui aurait le moindre retard car le système actuel ne prévoit qu’un seul parloir avec une seule heure d'entrée. Déjà plusieurs familles ont été refoulées à la porte de la centrale ces dernières semaines alors qu’elles venaient de parcourir des centaines de kilomètres. Et ces nouvelles mesures ne règlent en rien ce grave problème. D’autres familles risquent d’être encore refoulées.
De plus les aménagements apportées par ces nouvelles mesures ne règlent que partiellement le problème des familles qui désirent quitter le parloir avant la fin puisque les détenus présents au parloir sont obligés d’interrompre leur visite, de sortir du parloir, de réintégrer le SAS intérieur pour permettre à la famille qui désire sortir à la coupure de la mi-parloir de le faire.
Pour régler ces deux problèmes, il suffirait d’envisager deux légères modifications aux nouvelles dispositions prises par le directeur :
1) permettre aux familles qui arrivent en retard d’intégrer le parloir lors de la coupure de 16 h 15 prévue pour les visites de l’après-midi, ou de 10 h 15 pour celle du matin.
2) aménager un SAS à la porte extérieure du parloir pour ne pas obliger les détenus à interrompre leur visite et en attendant utiliser le second parloir pour les familles qui désirent sortir à la coupure de la mi-parloir et pour celles qui arrivent en retard.
Ces deux mesures sont facilement envisageables et peuvent être mises en place immédiatement. Elles sont d’autant plus envisageables qu’elles sont déjà en place dans le CD qui se trouve à l’intérieur de la même enceinte que la centrale. Et elles sont d’autant plus urgentes que nos familles risquent à tout moment d’être refoulées pour le moindre retard. Ce qui est inacceptable et ne se produit dans aucune autre prison.