SEMAINE D’ACTIONS

ET D’INITIATIVES
du 22 au 29 février
dans le cadre des procès
Durant la semaine du 22 au 29 février, les 6 personnes inculpées durant le campement passent en procès à Strasbourg : deux sont inculpées de vol et détérioration de drapeaux, un autre de dégradation (tag), deux de rébellion et dégradation, un de transport d’armes de 6e catégorie. Le campement No Border qui a réuni plus de 2000 personnes à Strasbourg en juillet 2002 entendait s’attaquer aux dispositifs de contrôle qui nous visent tous, avec ou sans papiers, à travers les mots d’ordre : « non aux frontières, non aux nations, non au contrôle social ». Actions, manifestations, discussions, auto-organisation et autogestion de tous les aspects de la vie commune ont pris place lors de cette initiative.
Pour faire face à cette répression, la solidarité s’organise au niveau international.
En traînant des camarades devant ses tribunaux, l’Etat nous invite à nous manifester à nouveau à Strasbourg et partout ailleurs sur les questions qui nous avaient amenées au campement : soyons à la hauteur de l’invitation. A l’occasion de cette « semaine de procès », nous appelons à une semaine d’actions et de lutte concrète contre le contrôle social.
Ce sera un moment pour réaffirmer, autour des thématiques mises en avant lors du campement, notre volonté offensive de faire face à ces dispositifs.

Le territoire de l’espace Schengen est quadrillé, organisé autour de Strasbourg comme ville-épicentre du SIS (toutes les informations de ce méga-fichier structuré en étoile sont stockées dans le bunker construit à cet effet à Strasbourg, toutes les demandes d’informations y transitent), clef de voûte du contrôle en voie d’unification. En effet la « libre circulation des personnes et des biens » aura préalablement réclamé de commencer le fichage policier de tous les individus réputés dangereux, de tous les étrangers potentiellement jugés indésirables (et d’autant mieux mis au travail), de toutes celles et ceux qu’il est bon, pour des motifs dits « d’ordre public », de placer sous « surveillance discrète ». En fait c’est bien plutôt à une prolifération des frontières, à leur extension en tous points du territoire, que l’on assiste avec le SIS. Chaque patrouille de flics qui le consulte, où qu’elle soit dans l’espace Schengen, devient le point de départ potentiel d’une mesure d’expulsion, d’extradition ou d’arrestation.
On veut nous prendre dans ce filet dont les mailles sont encore plus ou moins lâches. En notre faveur joueront toujours : les imperfections techniques (nombres de fiches limitées par exemple), les imperfections inhérentes à ce genre de fichier (une montagne d’informations se révèle de fait inutilisable) et les formes diverses et diffuses de résistance à des dispositifs de contrôle qui ne peuvent fonctionner qu’avec la complicité ou du moins l’acceptation de tous. Il s’agit désormais que toutes ces formes de résistance s’agencent et s’organisent afin de travailler les failles dans ces dispositifs pour qu’elle devienne brèches, puis béances.

Préparé par la LSQ, le projet de décision cadre sur le terrorisme, le projet de mandat d’arrêt européen, le tout sécuritaire est passé à l’offensive, visant toutes formes de militance (criminalisation des leaders syndicaux, interdiction de Batasuna, des groupes de lutte kurdes et turques, extradition vers l’Italie de Paolo Persichetti) et, plus généralement, de toutes formes de vie potentiellement subversives (menace sur les nomades, couvre-feu dans les banlieues, exactions diverses des bacs, prison ferme pour ceux qui ne payent pas leurs amendes, criminalisation des raveurs, de prostitué-e-s, des squatteurs).
Le campement a fait les frais de l’attitude brutalement répressive qui caractérise le système « tolérance zéro » qui se met en place dans l’ensemble de l’espace Schengen : interdiction préfectorale de manifester, arrestations à répétition, fouilles de véhicules, sept inculpations pendant le campement, une comparution immédiate avec mise en détention jusqu’au procès, et une peine de huit mois dont trois fermes confirmée en appel. Depuis, on assiste à Strasbourg à un véritable harcèlement policier et judiciaire (autorisations de parloirs refusées, mise à l’isolement du détenu, tribunal en état de siège à chaque audience). Le summum de l’absurde aura sans doute été atteint (pour l’instant…) avec l’inculpation de 17 personnes pour séquestration après une banale occupation pour obtenir un parloir pour le détenu (intervention du GIPN, 2 jours de garde-à-vue, mise sous écrou à la prison de l’Elsau, comparution immédiate des 17). Les otages de cette parodie judiciaire seront libérés à l’audience par le tribunal qui se déclare incompétent (la séquestration est un délit passible des assises !) mais le procureur qui espère encore obtenir les quatre mois de prison dont un ferme qu’il a requis, fait appel de cette incompétence et une seconde audience est prévue. Ces dernières inculpations, au-delà d’une répression spécifique au campement, marquent aussi une volonté de criminaliser la pratique même de l’occupation, mode d’action très répandu, que ce soit dans le mouvement des sans-papiers, celui des chômeurs ou comme simple pratique d’auto-défense sociale. Au cours de cette semaine d’actions, toutes les initiatives autour des thématiques liées au contrôle social sont les bienvenues. Nous appelons tous ceux qui se manifesteraient à cette occasion à transmettre un court récit de leur initiative. Nous pourrons ainsi élaborer rapidement un communiqué en commun.
Une proposition sous forme de jeu peut prendre place, parmi d’autres, au cours de cette semaine d’action :