LES MEMBRES DE LA SECTION DES SYNDICATS SUD 13, CGT,ET CFDT DE L'HOPITAL D'ARLES

La lecture des communiqués que vous avez publiés les 22 février et 1er mars (relatifs à un incident mettant en cause un détenu) nous amène à faire les remarques suivantes.
Nous regrettons tout d’abord que des syndicats tels que les vôtres se permettent de relater les faits en question dans un style qui n’a rien à envier à la presse de caniveau spécialisée dans le fait divers. Dramatisation, excès de superlatifs, amalgames, désinformation, tout y est. Ne manque que la publication du nom et de la photo du détenu mis en cause.
Nous éviterons d’épiloguer sur ce que nous inspire la référence à la pseudo-anecdote évoquant ce patient-détenu désireux de jouer au foot alors qu’il attendait de passer une radio de la cheville. Une telle médiocre manipulation n’a rien à envier aux méthodes employées par l’extrême droite.
Nous pouvons comprendre l’émotion que cet incident a provoqué dans vos rangs, mais nous ne pouvons accepter que vous vous transformiez en zélés complices des tenants de politique ultrasécuritaire, à cause de qui notre existence intra-muros n’est qu’une longue agonie collective.
Concernant le fond de l’affaire, nous vous rappelons que si nous, détenus, sommes amenés à fréquenter l’hôpital d’Arles, c’est uniquement sur prescription de médecins de votre hôpital. Nous sommes soumis, en détention, à des examens qui amènent, quand nécessaire, le médecin à décider de notre hospitalisation. Vos questionnements en forme de remise en cause du bénéfice des soins à l’hôpital sont insupportables car portant atteinte à notre droit d’être soignés comme tout patient. Est-il besoin de vous rappeler qu’un être humain malade ou blessé, détenu ou non détenu, reste avant toute autre considération, un patient, une personne nécessitant des soins.
Nous vous prions de ne pas vous engager dans une tentative de diabolisation et de marginalisation des patients-détenus. Nous ne sommes pas des patients de seconde zone !
Que vous exigiez le droit à travailler en sécurité, soit. Mais que ce droit s’exerce aux dépens de notre santé, cela est inacceptable.
Pour conclure, nous vous invitons à vous poser les seules questions que vous auriez dû vous poser, à savoir : « Pourquoi ce détenu a-t-il tenté de s’échapper ? Pourquoi un tel geste, qui peut sembler désespéré et voué à l’échec ?Que se passe-t-il derrière ces hauts murs de prison qui puisse expliquer de tels comportements ? »
L’action syndicale dont vous vous revendiquez ne peut se nourrir de pensées et actions nuisant aux intérêts des plus faibles. C’est pourtant ce que vous avez commis en utilisant un acte isolé pour déconsidérer toute la communauté des prisonniers de la maison centrale d’Arles et en revendiquant des mesures tendant à porter atteinte à notre droit à être soigné comme peut l’être tout patient.
En espérant que notre présente intervention vous aura permis de prendre conscience que vos écrits injustes et vos prises de position indignes ont légitimement provoqué notre colère jusqu’au fond de nos cellules-oubliettes, nous vous assurons de notre parfaite détermination à ne pas voir notre santé faire l’objet d’un quelconque chantage ou d’un enjeu à caractère corporatiste.

Le Collectif des prisonniers de la maison centrale d’Arles, mars 2001

CGT...FO...SUD/SANTE...CFDT...
HOPITAL D'ARLES

Notre sécurité (et celle des usagers) mérite bien la présence du plus grand nombre devant la salle du conseil d’administration ce jeudi ler mars de 8 h 45 à 9 h 15 !
Quelle que soit notre place au sein de notre hôpital, chacun(e) d’entre nous risque de se retrouver nez à nez avec un prisonnier cherchant à s’évader lors de son passage dans notre établissement. C’est arrivé au labo en octobre 2000. (ça vient d’arriver au bloc opératoire. Là, le prisonnier s’était emparé du pistolet d’un policier !). Dans n’importe quel service, les agents peuvent se trouver en situation dangereuse, face à un prisonnier hospitalisé.
C’est évident : les mesures de sécurité sont plus qu’insuffisantes. La preuve !
À quand le prochain accident ? Dans quel service, dans quel bureau ? À quand celle ou celui d’entre nous pris en otage pour « assurer » une évasion ?

Nous ne devons plus accepter de soigner, de travailler dans de telles conditions, sous la menace d’un tel risque !
Nous ne devons plus accepter le risque que des hospitalisés soient « mêlés » à d’autres incidents, faute de mesures de sécurité optimales !
Ensemble, exigeons des mesures concrètes, efficaces !
Par votre présence ce jeudi, soutenez les exigences portées par les organisations syndicales :
- suspension immédiate de toute hospitalisation ou présence d’un détenu dans l’hôpital jusqu’à la mise en œuvre de mesures concrètes et efficaces (hospitalisation à Marseille, comme prévu initialement) ;
- réflexions sur les mesures à prendre et à concrétiser rapidement :
parcours des détenus dans notre établissement
aménagement de chambres
horaires pour examens et interventions
surveillance des détenus
immobilisation des détenus
protocole dans les services
opportunité des prescriptions médicales, etc.

Bien évidement, parallèlement à ces dispositions, des moyens budgétaires supplémentaires, correspondant aux besoins, doivent à nouveau être demandés. Le conseil d’administration de ce jeudi doit le faire avec une conviction toute particulière. Il doit prendre position sur la sécurité du personnel et des usagers dans notre hôpital. Il doit agir concrètement dans ce sens.
CE JEUDI 1er MARS, OCCUPONS-NOUS DE NOS AFFAIRES !