REVOLTES A LA PRISON DE MARASI
Italie



Le climat est tendu ces derniers temps à Gênes. Il y a eu deux révoltes en une semaine à la prison de Marassi et la situation est encore grave.
Le 7 mai la rage des détenus explose après l’annonce du énième suicide (le deuxième de la semaine, une moyenne de un par mois depuis le mois de décembre) survenu à l’intérieur du centre de diagnostic thérapeuthique. La victime était un ancien patient psychiatrique laissé sans assistance.


Depuis longtemps les conditions de survie des détenus sont déplorables : outre la vie carcérale insupportable en elle-même, c’est la surpopulation (il y a deux fois plus de détenus que ce que la structure ne pourrait physiquement en contenir), c’est la présence de détenus âgés et de malades en phase terminale qui n’obtiennent pas leur libération, l’assistance médicale rare ou nulle, l’absence de médicaments depuis quelques semaines pour le traitement des thérapies courantes et des thérapies de phase terminale (même les médicaments vitaux sont payants).
Le soir du 7 mai la protestation a commencé bruyamment ; puis les prisonniers se sont mis à brûler les draps, à lancer de tout sur les matons, des bouteilles de Camping-Gaz ont explosé et l’une d’entre elles a mis le feu à un fourgon cellulaire garé dans la cour. A la fin les surveillants sont intervenus avec les canons à eau et ont chargé dans les cellules.

Samedi 11 mai quelques camarades ont distribué des tracts devant les parloirs. Ce fut l’occasion de parler beaucoup et de comprendre que les détenus avaient subi des pressions et des menaces afin que le moins possible d’informations ne puisse sortir. Mais les familles ont fait passer la nouvelle de la présence et de la solidarité exprimées hors des murs. Cela n’a pas manqué d’irriter la matonnerie qui, par le biais des habituels médias, a diffusé d’obscures et incompréhensibles théories sur le rôle du tract et des camarades présents. Entre-temps le transfert de 70 détenus dont certains avaient participé à l’émeute vers d’autres prisons du nord de l’Italie était annoncée. La nouvelle était diffusée comme étant une mesure normale pour désengorger la prison (pour 15 personnes la mesure fut immédiate).

Le soir même, la révolte a repris : de nouveau des protestations bruyantes, des jets d’objets divers, des feux, une autre voiture incendiée dans la cour. Mais, à peine quelques heures plus tard, il régnait un silence irréel sur la prison. Vers 1 heure du matin, on aurait dit qu’il ne s’était rien passé.

Or, malgré la répression, la situation est tout autre que pacifiée : il y a eu ces jours-là une protestation bruyante à la prison de Savona, en solidarité aux détenus de Marassi.
Alors que les détenus ont haussé le ton et que leur présence et leur détermination ne peuvent plus être occultées, la ville s’interroge et les politiciens réclament les habituelles commissions d’enquête pour clarifier les faits et les responsabilités (surtout pour les cas de mort suspecte) qu’ils connaissent déjà très bien.
Nous serons présents vendredi 17 mai à 18 heures devant la prison de Marassi, en solidarité avec les détenus. Vu l’atmosphère incandescente, nous pensons qu’il serait opportun d’être nombreux.


A bientôt.

El Paso Occupato
Torino, Italy.

LUTTE DES PRISONNIERS EN TURQUIE

Commencée en octobre 2000, la grève de la faim contre les prisons cellulaires de type F en Turquie a déjà fait 90 morts et des centaines d’handicapés (à l’intérieur comme à l’extérieur). Le 28 mai dernier, plusieurs organisations ont annoncé que leurs prisonniers cessaient la grève de la faim et continuaient la lutte par d’autres moyens. Une quarantaine de prisonniers de deux organisations continuent le jeûne à mort en demandant la fermeture des prisons de type F, l’abolition des lois d’exception « antiterroristes », le jugement des responsables des massacres dans les prisons. Pour plus d’infos, contactez-les directement :

Prison en Turquie